L’Univers Cinématographique Marvel (MCU)

De la petite case au grand écran

Marvel Comics est une des plus grandes maisons d’édition de comics books (bandes dessinées) de super héros du monde.

Surnommée la Maison des Idées son siège est situé dans la ville de New-York , un élément essentiel qui explique pourquoi durant des décennies les héros de ses publications y vivaient la plupart de leurs aventures.

Symbolisé par le scénariste Stan Lee, la compagnie créée en 1939, produit la plupart des héros emblématiques que l’on lui connaît sous son égide à partir des années 60 (Même si Captain America et Sub-mariner/Namor en vf sont crées dans les années 40)

Si son importance est si grande c’est qu’en tant que créateur et/ou éditeur il change profondément l’industrie et invente ce qu’on appellera la Marvel Way aux côtés d’artistes et d’auteurs emblématiques de l’industrie.

Une façon d’écrire des comics qui donne une grande liberté aux dessinateurs pour interpréter le travail des scénaristes, qui s’inspirent souvent eux-même de ce qu’ils ont sous leurs yeux et de leur propre culture pour donner naissance à des oeuvres emblématiques.

Si très tôt les personnages du principal concurrent de Marvel Comics, DC on eut droit aux honneurs des autres médias notamment via la radio puis la télévision avant d’arriver au cinéma.

On ne peut pas dire que la Maison des Idées ait été très heureuse dans ce domaine, cumulant les tentatives ratées et décevantes pour reproduire l’essence même de ce qui faisait le succès des comics.

Si en bandes dessinées les aventures de Spider-Man, Hulk, Le Docteur Strange ou Captain America sont très appréciés leur passage à l’écran ne suscite pas le même engouement à l’exception notable du colosse de Jade qui dans une adaptation fantaisiste pour la télévision offre une popularité inédite au personnage de Hulk.

De productions à petits budgets destinés à la télévision certains distributeurs et producteurs (notamment en Europe et en Amerique latine) font des films qui ont droit aux honneurs de sorties en salles.

Il faut dire qu’on est encore dans une époque où la possession d’une télévision n’est pas encore systématique et où le nombre de diffuseurs de chaînes de télévision reste encore réduit l’alternative restant la location de films en videocassettes.

Pour autant cela n’empêche pas l’explosion des produits dérivés de phénomènes médiatiques (comme l’a parfaitement anticipé un certain George Lucas dès les années 70) et c’est sans hésiter qu’à peine quelques années après la créations de certains personnages on mutiplie outre les publications papier différentes adaptations animés de personnages de comics notamment chez Marvel qui met en scène dès 1966 : Captain America, Spiderman ou encore les Quatre Fantastiques dans de piètres séries qui ne durent pas mais qui aident à faire connaître les héros de la maison des idées auprès des jeunes enfants.

Dans cette même époque la télévision des années 60 se pique pour la très psychédélique série Batman qui derière son côté kitch et décalé pose des bases très influentes du personnage notamment en ce qui concerne ses ennemis souvent repris et amélioré dans les adaptations cinématographique et dans les séries animées.

Ainsi le look de Romero inspire directement l’apparence de Jqack Nicholson en Joker et un peu Heath Ledger dans les versions de Burton et Nolan du personnage.

Idem pour le look de Anne Hathaway dans the Dark Knight Rises.

DC frappe fort à la fin des années 70 en misant sur son personnage emblématique via son propriétaire la société Time Warner et leurs studios Warner Bros en dévoilant son premier film consacré à l’homme d’Acier.

Si Superman avait depuis longtemps eu les honneurs de séries télé et de divers dessins animés , l’âge d’argent tenait avec cette superproduction la reconnaissance d’un genre populaire à l’époque où le monde se passionnait pour la science-fiction et la technlogie et que les effets spéciaux se perfectionnaient.

En 1979 Christopher Reeves incarne donc Superman dans le premier d’une série de quatre films qui lui vaudront toute sa vie une reconnaissance mondiale.

Captain America essaie tant bien que mal de goûter un peu à cet engouement pour le genre super héroique tout comme Spider-man entre séries tv et sorties au cinéma

DC comics gagne aisément la guerre médiatique grâce à des investissements sérieux et une qualité qui contraste avec le bas de gamme et le kitchissisme fauché de Marvel sur les écrans.

Si les lecteurs de comics sont fidèles , ils n’en deviennent pas pour autant des spectateurs et même si du côté de l’animation les personnages de Stan Lee on eu droit à pas moins de 35 adaptations diverses et variées, l’absence de cohérence avec l’univers des comics, associés à des projets souvent graphiquement à la ramasse face aux séries Batman et aux 59 Films d’animation DC ne suffisent pas pour que Spiderman et les Avengers deviennent des références.

Au début des années 2000 suite à une gestion désastreuse suivi d’un conflit historique avec certains de leurs dessinateurs et scénaristes phares, Marvel Comics frôle la faillite et est sauvée de peu.

Pour s’en sortir ils doivent céder les licences d’exploitation de certains de leurs personnages à des studios de cinéma.

Là où la Batmania a touché le monde dès 1989 grâce au travail de Tim Burton et que Superman reste un idéal héroïque inégalé, les personnages Marvel qui sont passés par la case grand écran sont plutôt catalogués dans le rayon nanar.

Le Punisher par Dolph Lundgren ou le Nick Fury par David Hasselhoff sont des bides cinglants refroidissant l’intérêt d’Hollywood pour la société de Spiderman et consorts.

Malgré tout la Fox qui a racheté la licence X-Men sait depuis 1993 que les mutants sont très populaires notamment grâce à la série animée de 1992. La décennie qui s’est écoulée a aussi offert des arcs de comics intéressants et de nouveaux auteurs de comics issus de l’indépendant apportent un souffle nouveau sur ce médium bien loin des héros trop manichéen de DC.

Spider-Man l’autre personnage le plus populaire de Marvel (avec les x-men) en termes de ventes appartient désormais à Sony Pictures.

Universal s’octroie aussi quelques licences avec Blade notamment et Hulk.

Tandis que DC Comics ralentit ses adaptations suite aux échecs successifs des deux films Batman de Joel Schumacher, Universal dégaine Blade, un personnage des années 70 méconnu, qui attire la curiosité du public, tandis que le jeune Bryan Singer plébiscité pour son premier film, décide pour le second de s’atteler aux X-men dont le sujet le fascine. Le réalisateur de Tigre et Dragon Ang Lee s’attellera au géant de jade en adaptant le très populaire Hulk (inoubliable Bill Bixby dans une version du personnage totalement créée pour la télévision ) avec Bruce Banner et c’est non moins que le créateur d’Evil Dead Sam Raimi qui se lance dans Spiderman.

Un tournant s’opère dès lors dans le genre, car si la Warner a toujours pris soin d’impliquer des réalisateurs de talent ou prometteurs sur ces projets c’est la première fois pour les héros Marvel que d’aussi grands noms acceptent de se pencher sur eux.

Et le succès est au rendez-vous lançant la frénésie autour d’un genre que l’on croyait enterré et rassemblant au fil des années de jeunes stars en devenir du petit et grand écran auprès de talents confirmés. X-men se paye le luxe d’avoir Sir Patrick Stewart idole des trekkies en professeur Xavier aux côtés de l’oscarisée Halle Berry et offre à un acteur australien peu connu le rôle de sa vie en Wolverine.

On y croise aussi Anna Paquin (la leçon de Piano, True Blood) ou encore Ellen Page (Tully, Umbrella Academy) et bien sûr Famke Jamsen (Goldeneye, Nip/Tuck).

La fox se paiera aussi les services de stars de séries comme Jessica Alba (Dark Angel) ou Michael Chiklis (The Shield) et si Sony misera sur un casting inédit pour spiderman avec le méconnu Tobey McGuire dans le rôle titre, il assurera toutefois la présence de Kirsten Dunst (Entretien avec un vampire,Virgin Suicides, Fargo Saison 2) et de Willem Dafoe (La dernière tentation du christ, Body of Evidence, Aquaman).

La Warner n’est pas en reste et décide de rebooter le personnage de Batman, et confie le projet à Christopher Nolan qui oeuvre avec génie sur Batman Begins autour de l’exigeant Christian Bale qui incarne à merveille Bruce Wayne.

La machine est lancée et bien que la plupart de ces adaptations soient des réussites commerciales, certains de ceux qui travaillent dessus pour Marvel commencent à s’agacer de n’être que des partenaires consultatifs faute de réel pouvoir les personnages n’étant plus dans leur catalogue.

Avi Arad et Kevin Feige son assistant qui ont travaillé depuis le premier film x-men sur toutes les adaptations de comics Marvel, décident de tenter un pari fou et de produire leur propre film pour Marvel Studios.

Sept ans auparavant dans les comics un univers parallèle à la continuité des comics a été créée, une ligne alternative qui s’appelle l’univers Ultimate.

Dans cette ligne de comics,nul besoin d’avoir été là depuis 1963 pour connaître tous les ennemis et toutes les aventures des héros Marvel puisque tout est rebooté en partant de zéro et en modernisant radicalement les héros et les situations. Exit la vieille tante may conservatrice et mignonne de Stan Lee, sous la plume du scénariste Brian Michael Bendis, elle est active, moderne et son neveu Peter loin d’être un photographe fauché est un étudiant , webmaster à mi-temps pour le site en ligne du Daily Bugle. Ce lifting s’opèrera aussi auprès des grandes figures de Marvel des x-men en passant par les quatre fantastiques et évidemment les Avengers renommé les Ultimates pour l’occasion.

Et c’est en s’inspirant et en s’appuyant sur cette ligne de comics ultra moderne que Marvel va emprunter 1 milliard de dollars et financer son premier film en 2006 : Iron Man. Le pari est risqué et la volonté du réalisateur choisi Jon Favreau d’imposer le brillant mais chaotique Robert Downey Jr pour incarner Tony Stark semble rendre le projet encore plus périlleux.

Malgré tout il voit le jour et Iron Man est un succès en grande partie grâce à son casting brillant et à sa réalisation dynamique qui tranche clairement avec les anciennes productions et prouve à l’industrie que Marvel Studios est capable de produire des films.

Suivra l’Incroyable Hulk réalisé par le français Louis Leterrier qui ne trouve pas son public malgré les efforts d’Edward Norton pour rendre homage aux comics.

En 2009 Marvel Studios devient la propriété de Walt Disney Company grâce à un deal global qui rachète l’ensemble de Marvel.

La firme aux grandes oreilles a peu d’intérêt pour la branche comics mais profite de ce rachat pour offrir aux réalisateurs de Marvel Studios les moyens de leurs ambitions, et en 2012 après avoir teasé leur rassemblement dans plusieurs films solos consacrés à Captain America, Iron Man et Thor, le film Avengers réunit plusieurs héros de franchises cinématographiques au sein d’un même univers.

Une méthode qui existe aussi dans les séries qui voit Netflix suivre un schéma similaire pour lier ses quatres séries Marvel autour des Defenders dans une mini-série.

Et peu à peu les clins d’oeil sont fait aux fans pour lier parfois des séries aux films, par le biais de dialogues faisant référence à des évènements survenus au cinéma, ou juste à des personnages emblématiques.

Le MCU vient de fêter ses 10 ans et a connu 5 phases progressives chacune amenant à un changement.

Avengers EndGame sera finalement l’apogée de ces dix ans de films puisque chacun des héros aperçus au fil des ans va y apparaître.

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