La muse

Elle est une promesse qui ne saurait être tenue.

Sa relation à l’être humain est comme une étreinte furtive et passionnée.

Une passion qui brûle si fort en elle qu’elle irradie d’une chaleur portée par sa voix suave, dans une langue qui se traduit autant par ses gestes fermes mais délicats, que par sa bouche qui distille ses paroles avec cette magie irréelle où chacune de ses phrases, où le mot le plus anodin devient une déclaration d’amour.

Hier, elle a vu le monde.

S’éveillant d’un sommeil long et discret, elle est l’amalgame consentant d’êtres fabuleux.

Tour à tour fée, Nymphe et enchanteresse, elle use avec insouciance de son mystérieux pouvoir.

On croit à tort qu’il n’émane que de son regard tendre, de ses yeux d’un bleu qui feraient rêver les artistes et les rendraient certainement déments.

Car ils seraient aussi impuissants que l’est l’écrivain à matérialiser dans leur art tout ce qu’elle dégage.

D’une moue attristée, elle déchire les âmes, d’un sourire elle les renforce de bonheur.

On la révère telle une déesse antique, et elle, loin de s’en soucier vous rend unique au monde, dans l’instant fugace d’une parole murmurée.

On devient valeur d’espoir, valeur de chaque moment de son attention pour nous.

Elle…. Si lointaine, dans les rêves et dans le fantasme chaste que dissimule notre pudeur.

Le simple contact de ses lèvres nous fait entrevoir tout le délice inaccessible de la vie dans une béatitude coupable.

Dans l’irréalité d’un romantisme désuet o¬n se plaît à rêver qu’on mourrait aisément sans elle, sans regret, sans remords, porté par son souvenir éternel.

Paroles d’égoïste, pensées hypocrites, une seconde sans elle est déjà une mort en soi.

Qu’importe les guides d’une vie, tant qu’on a une muse pour nous inspirer l’envie d’y avancer.

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