Inspi – session 1

Le soleil dans un angle fait fermer l’œil, la torpeur, la chaleur élève l’esprit dans un moment de calme inattendu à l’ombre des immeubles de béton.

Au ralenti passent des gens dans des rues presque désertes. Le silence à peine troublé des quelques voitures et deux roues motorisés qui passent en trombe sans prendre la peine de s’arrêter.

Les parisiens sont de vacances, les touristes assurent la présence.

Restent aussi pour peupler la cité le temps de l’été les autres.

Etudiants anciens lycéens qui vont quitter l’enfance pour entrer dans le nouvel âge, celui qu’on leur prédit être celui des possibles.

Provinciaux, ambitieux plein de rêves qui montent dans cette capitale, passage essentiel d’une carrière qu’ils rêveront pourtant loin d’elle.

Banlieusards, les pas-nés là, ceux qui aiment leurs verdures, leurs voitures, leurs vies en périphérie, où les gens sont plus simples plus vrais semblent-ils loin du superficiel de l’orgueilleuse ville de Paris.

Reste la dame de fer qui a connu et vu la dernière guerre, qui surplombe la Seine, cette rivière pas si belle mais qui inspire tant de poèmes.

Reste cette fête cet esprit d’Hemingway, reste cette faune, ce mélange de cultures, ces extravagances où sont nés des talents, où la ville-lumière abuse chaque nuit de son clinquant.

Reste ces folies, ce romantisme surannée, d’une ville qu’on croit être l’écrin de l’amour mais n’est que l’apparat des artistes d’autrefois vivant la bohème qui en ont exacerbé la beauté.


Reste la jeunesse qui voudrait s’y amuser mais doit se regrouper et errer pour ne pas se faire expulser des endroits tellement à la mode que les euros aident plus facilement à y rentrer pour au final y rester à y bavarder sur des sons inaudibles et des voisins qu’on a même pas envie de côtoyer.

Reste la vieillesse qui n’ose plus trop sortir et lutte pour payer un loyer plus important que ce qu’ils n’ont jamais en une vie pu gagner.

Reste la misère aux portes des villes qui n’existent plus, dont on dit qu’elle gangrène la qualité de la ville à s’exposer.

Reste cette peur de l’inconnu, celui qu’on appelait autrefois l’étranger.

On ignore d’où on est venus et déjà cette époque pense qu’elle est arrivée. Reste cette intolérance après des décennies de combat dans les esprits, ceux-ci se referment et condamnent dans l’indifférence ou la déférence parce que c’est écrit sur la toile.

L’araignée a beaucoup tissé les mouches se sont agglutinées.

Qu’est-ce qu’il reste à ma ville que cet esprit qui est si vil qu’on ne peut plus l’admirer sans autant la dénigrer ? L’expérience est capitale, certains jours la peine le devient.

J’veux bien m’appeler Charlie , Mohammed ou Elie, j’veux bien accueillir Ulysse dans son odyssée pas mythologique, je veux bien retrouver le sourire d’être dans la ville où le sourire dans le métro n’existe pas, mais dans les cafés venu l’été on ne voit que ça.

Ce que je ne veux pas c’est être en reste, devenir vestige et nostalgique d’une ville lumière à l’ombre du progrès, d’une cité aux mille feux qui ne connaîtrait que les passions des manifestations.

Le rêve-évolution est un fantasme culotté pour les héritiers de l’insoumise ville aux révoltes capitales.

On a encore des concerts pour contrer le cancer de l’individualisme, on a toujours nos ambitions qu’on appelle folies ces audacieuses inventions, ces courageuses décisions qui font de nos choix des changements de vie.

On se rassemble pour le sport , pour l’amour, pour l’amitié pour se retrouver.

Lutèce ma belle entrons dans l’arène, la poussière qu’on t’amène vient d’ailleurs cet été comme les autres on espère que tu rendras le temps du passage cette vie meilleure.

Ecoutez Marc Lavoine et Souad Massi sur la chanson “Paris” sur spotify

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