D’eux (chapitre 2) – Première partie : Lui

Ce que je peux te dire c’est que je t’ai vraiment aimé.

Ce sentiment fait peur parce qu’il ne cesse de déborder.

Il sort du cœur comme un torrent, nous submerge, nous empêche de bien respirer.

Tes baisers sur mes lèvres et ton bouche à langue sont les réanimations qui m’ont fait survivre à ce trop-plein d’affection que je n’avais osé espérer.

Ne pas bien se connaître, être plein de désir et chercher à s’apprivoiser, le petit jeu de séduction qui nous a pris tant de temps qu’on maudirait sans fin cette boule au ventre et cette timidité, qui nous paraît si lointaine et si ridicule… une fois qu’on s’est embrassés.

Les premières caresses, les gestes tendres, cette envie de protéger l’autre des maux de ce monde, et d’être dans son esprit et dans son âme, devenir ce monde dans lequel elle peut se réfugier.

Tu vois j’en parle, je l’écris, envers et contre nous tout ça je l’ai vraiment ressenti.

Ça semble si loin aujourd’hui, après nos éclats nos disputes et nos pleurs.

Notre histoire se fane et ça ne date pas que de l’époque où j’ai arrêté de t’offrir des fleurs.

Je n’ai rien oublié, ni les joies ni les peines.

Celles que tu m’as apportées et celles que nous avons créé et partagées.

Notre premier appart, nos premières courses, ces innombrables soirées sur le canapé à critiquer la télé mais à toujours la regarder.

Ces sorties au ciné qu’on utilisait comme salle noire pour développer notre art du baiser.

Les restaurants inconnus qu’on voulait toujours tester.

Te souviens-tu au début de ces soirées entre amis, où l’on ne pouvait s’empêcher de s’écrire des petits messages tellement on avait mal d’être séparés ?

Et ces voyages à deux comme autant d’escapades supposément organisées qui donnaient des souvenirs hilarants de nos aventures improvisées ?

Au moins on a vécu quelque chose, une vie c’est tellement long que dans la solitude ça aurait été trop dommage de la traverser toujours seul.

Et ça passe en même temps tellement vite, qu’on peut se retrouver un matin à regarder partir des cartons sur un seuil.

Partir n’est pas toujours fuir. Nous nous quittons parce qu’il le faut. Nous ne finissons pas bons amis car nous avons peur de l’inconnu.

Mais n’oublie jamais que nous n’étions pas qu’un flirt, que ce temps était intense, était brûlant, que les regrets que tu forges aujourd’hui ne sont que les expériences qui nous renforcent.

J’aimerai te dire qu’un jour on s’oubliera, que dans la douce utopie du temps qui répare les blessures on se pardonnera.

En vérité je n’en sais rien….

Même si demain nous aimons chacun quelqu’un d’autre, cet échec de nous deux risque de nous hanter.

C’est comme ce froid qui nous saisit à la gorge même quand on a notre écharpe, ce frisson qui nous paralyse quand on est dans le manège et qu’on sent le danger.

La séparation c’est parfois comme l’amour, ça fait vraiment peur au début et après on s’habitue.

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