Dans ma ville


Rêves de touristes, fantasmes des habitants en périphérie.

Cette ville, la mienne, rend sa beauté expose son horreur, vit comme aucune autre.

Mystérieuse et prenante, galérienne et distante, ses habitants, ses vagabonds , ses promeneurs et ses poètes aux mille appellations :  musiciens, clochards, saoulards, fêtards, âmes désespérées, touristes égarés, parisiens d’un ou plusieurs soirs, banlieusards en traversée dans le brouillard des nuits magiques.

Tous vivant pour la minute d’après, guettant un sourire, ambitieux de nombreux désirs, tragiques et souvent pathétiques.

Dans ma cour depuis longtemps j’ai renoncé aux miracles, je toise des monuments et les siècles d’Histoire qui les chargent, qui me contemple et à qui je rends la plus fière, la plus arrogante des indifférences.

Germanopratin raté j’ai échappé au Café de Flore et aux Deux Magots, non je n’irais pas me recueillir à Saint-sulpice, l’idée même de me perdre dans une des nombreuses boutiques de simili-luxe aux vendeuses aussi blasées que ratées qui vivent leur ennui et qui lentement décrépissent attendant la vente du mois pour se reposer de tant d’inactivité.

Ca vend du Agnès B mais ça s’habille chez H&M rue de Rennes en attendant de réussir son régime et de se précipiter chez Tara Jarmon.

J’en oublie ma jeunesse, cette folle période insouciante où je buvais et mangeai à la Mouff’ ne vous en déplaise.

Mousquetaire gastronome je me rengorge des fables de la table du pot de Terre et me délecte de la variété des saveurs du monde qui fait vivre ces rues parallèles en descendant la Contrescarpe.

Je suis parigot pas tête de veau, ma tête est bien là sur mes épaules, mon cœur se décroche et s’accroche dans le dédale des rues, mon esprit est dans les étoiles à flirter avec la lune qui m’inspire.

Tête de chien, mais pas de rien, caractériel mais pas superficiel, cette ville et tous ses inconnus, sont autant de rencontres au coin du zinc, à l’ombre d’un DJ , dans la complicité de deux fumeurs sur un trottoir devant un bar, sous la tonelle d’un salon de thé ou nous sommes tous des philosophes refaisant ce monde imparfait avec nos utopies.

Cette cité est l’expression des mille et une mélodies, j’y cours, j’y marche je m’y noie, j’en sors , j’y reviens.

Je Chante à tue- tête, je m’endors dans ses rames de métro, la nuit est trop courte, la chaleur est trop forte, et déjà la foule anonyme me retrouve dans cette étonnante et mystérieuse complicité.

Nous sommes des comédiens et les pavés sont nos planches, inaccessibles, égoïstes , toujours pressés et pas aimables ?

Viens donc faire un tour un soir avec nous au bal de la Bellevilloise, va t’enivrer un été à la butte aux cailles, viens finir une soirée à la rhumerie ou célébrer un happy hour à la mangerie!

Descend sous les voûtes de nos caves écouter des concerts.

Viens sentir le vent frais de la Seine au soir, éclairé par les lumières des bateaux mouches et les sourires et les éclats de rire des passagers qui te salue toi sur la berge, elle sur le pont avant de continuer cette virée jusqu’au bout de la nuit.

Et tu verras d’où que tu sois, d’où que tu viennes, que cette ville est mon cœur que mes mots sont un chant, cette misère une complainte et la nostalgie… ah….

Paris est la ville de toujours car son éternité la rend amante du passé , du futur et du présent, livrée au temps elle en devient la ville maîtresse, traversant, transcendant, édifiant les êtres anonymes de cette marée humaine qui déborde dans des petites vies de quartier, dans des petites habitudes.

Et dans cette routine métro- boulot n’allons pas mourir trop tôt dans la ville lumière en allant trop vite au dodo, quand on t’offre comme terrain de jeux, enfant de ce siècle numérique, le présent d’une ville ancestrale qui accueille, dorlote, inspire, respire et magnifie ton âme de vagabond, qui vole d’idées en envies, d’ambitions en désillusions , de projets en déceptions.

Le cycle ici n’est pas que le vélib’ c’est la vie dans une grande ville et si tu n’a pas eu l’occasion d’y naître, tu as l’opportunité ici d’y être et de rendre l’aventure de ton existence… capitale.

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