Carnival Row : un conte de fées pas comme les autres


Alors que les médias s’emparent régulièrement d’œuvres littéraires ou d’adaptations de comics pour imaginer films et séries depuis une décennie, cette fois-ci la plate-forme Amazon Prime Video (concurrente entres autres de Netflix) nous offre une série originale qui l’est vraiment du moins pour sa source puisqu’il s’agit d’un script oublié dans les limbes de la production qui avait attiré le réalisateur Guillermo Del Toro  (le Labyrinthe de Pan, Hellboy, Pacific Rim, La forme de l’eau…) pendant de longues années .

Ce qui n’est pas surprenant quand on se penche sur le soin particulier apporté à l’esthétisme de la faune qui peuple cette fable curieuse.


L’histoire prend place donc dans un univers imaginaire où les fées, des êtres dôtés d’ailes mais n’ayant a priori aucune capacité magique, voient leur monde dévasté par une guerre entre les humains de Burgue et une race humanöide indéfinie appellée « Le Pacte ». 

Tandis que les premiers étaient sensés les aider et les protéger ils doivent finalement renoncer au combat et abandonne les terres des fées entres autres aux mains de l’ennemi.

C’est dans ce contexte qu’un certain Rycroft “Philo” Philostrate, officier durant cette guerre, va s’éprendre d’une jeune et intrépide fée, avant de feindre son décès pour qu’elle évite de se sacrifier.

Bien des années plus tard la jeune fée répondant au nom de Vignette Stonemoss va rejoindre le pays de Burgue et notamment la ville où Philo s’est reconverti en inspecteur de police , enquêtant sur une série de meurtres impliquant plusieurs des créatures magiques qui y vivent.

En parallèle on découvre les habitudes d’un frère et d’une sœur richissime, ruinés par de mauvais investissements qui se retrouvent à prendre à leur service une Vignette tout juste rescapée d’un naufrage et qui ont la désagréable surprise de découvrir que leur nouveau voisin est un être surnaturel, de la même race que ceux qui leur servent d’ordinaire de serviteurs.

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Au gré d’une courte saison de 8 épisodes très dense, la série vise à nous montrer cette société où les « critch » (appellation générique dans la série pour tous les êtres surnaturels) cohabitent avec des humains dont la moitié les déteste et désirent leur éviction dans des débats enflammés où l’on voit les partis politiques s’écharper sur la question.


Si la série a indéniablement des qualités notamment esthétiques , on a du mal à se prendre d’empathie pour le récit général qui s’étale trop longuement dans des épisodes d’expositions inégaux avant de s’embourber dans des sous-intrigues ridicules, visant essentiellement à donner corps à des personnages sans grand intérêt.

Tournée à Prague elle rappellera forcément le film des frères Hugues From Hell (avec Johnny Depp) qui se concentrait sur les crimes de Jack l’éventreur, tandis que le bestiaire évoquera tour à tour Harry Potter et le monde de Narnia.

Malgré tous leurs efforts l’alchimie ne prend pas entre une Cara Delevigne qui a dû mal à s’imposer comme une actrice convaincante et un Orlando Bloom déconnecté incapable d’intensifier son jeu au-delà de quelques mimiques convenues.

On peut également déplorer l’excès de noirceur de la photographie durant une bonne partie de la saison et un scénario bien trop scabreux là où la découverte de cet univers aurait suffit à satisfaire la curiorité du spectateur.

Il faudra sans doute attendre la deuxième saison pour estimer si toutes les pistes et les promesses de cette première salve saura approfondir son propos politique intéressant et s’éloigner des élans romanesques classiques.


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