D’eux (Chapitre 1) :Première Partie : Lui

17 cartons.

Je les ai compté un à un, méthodiquement, calmement.

C’est tout une partie de ma vie qui tient dans des petites boites.

C’est comme nous deux on est restés confinés on a essayé de s’emballer et puis un jour on a arrêté de se porter.

Je t’ai aimé comme dans les chansons d’amour, comme dans les poèmes anciens.

On a vécu une passion comme dans ses films que tu aimais bien, comme dans la série qui passait souvent le matin.

Dans le cœur on avait de l’affection de la tendresse et beaucoup de vie.

Maintenant il nous reste l’affliction, la paresse et plus beaucoup d’envie.

On construit à deux mais pour démolir un seul d’entre nous aurait suffi.

Frustré, aigri, blessé, je me suis armé de beaucoup de ressenti et j’ai essayé de te gâcher et de te pourrir sans me contenir, encore moins réfléchir.

J’ai fait au plus simple parce que souviens-toi avant comme les choses l’étaient.

On était des évidences, on se parlait pas toujours parfois juste on pensait.

Et c’était bien, ce confort, cette facilité, ce réconfort et ce mélange savant d’amour et de complicité.

La routine ça nous faisait rire, les habitudes c’est pour les vieux.

L’infidélité ce n’était pas pire :  c’était pour les couples pas vraiment amoureux.

Ce n’était pas nous c’était pour des fous.

Des inconscients, le contraire des battants, toi et moi on savait qu’on n’allait sûrement pas tomber dedans.

Mais à force de se pencher au bord de l’abîme on a fini par y tomber.

Comme une lente glissade, je ne peux pas dire à quel moment, et par qui, l’un d’entre nous a fini par se laisser pousser.

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